MACHIAVEL.
comprenne avec combien peude difficukéLouisXlIpouvait,s’il eût suivi les règles dontnous avons parlé,conserver saréputation en Italie, et tenirassurés et bien défendus tousles amis qu’il y avait faits.Etant en giand nombre , fai-bles d’ailleurs, et craignant,celui-ci le Pape, celui-là lesVénitiens, ils étaient toujoursdans la nécessité de resteravec lui ; et par leur moyeuil pouvait aisément conte-nir ce qu’il y avait de pluspuissant dans toute la pénin-sule (i).
Mais il ne fut pas plutôt àMilan , qu’il agit en sens con-traire, puisqu’il aida le papeAlexandre VI à s’emparer delaRomagne. Il ne s’aperçutpoint que, par cette déter-mination, il se rendait faibled'une part, en écartant de luises amis et ceux qui étaientvenus se mettre sous sa pro-tection; et que d’autre part,il agrandissait la puissance deRome (2), enajoutantune sivaste domination temporelle
nroN aparté. 27le Bergainasque, le Mantouan,le Brescian, etc., en leur inocu-lant fa manie républicaine, m’ontdéjà rendu le même service. Unefois maître chez eux , je tien-drai bientôt le reste de l’Italie.
Ct.
( 1 ) Je n’aurai pas besoind’eux pour obtenir cet avan-tage. G.
(3) Faute énorme. G.