B U O N A P A R T E.
98 MACHIAVEL.
que les citoyens ont besoinde l’état, parce qu’alors cha-cun court , chacun promet,chacun veut mourir pour lui,attendu que la mort est éloi-gnée (O. Mais dans les tempsde crise, lorsque l’état a be-soin des Citoyens , il ne s’entrouve que bien peu (o).
Cette expérience est d’au-tant plus périlleuse, qu’onne la peut faire qu’une seulefois ( 2 ) ; en conséquence unprince sage doit imaginer unmode , au moyen duquel sessujets ayent toujours , et detonies les manières, dans tou-tes les circonstances quellesqu’elles soient, un très-grandbesoin de sa principauté (3).C’est le plus sûr expédientpour se les rendre a jamaisfidèles.
(1) Voila ce qu’ils n’entre-voient pas dans ces protesta-tions , ces adresses qui les tran-quillisent : iïs 11e savent donc pasencore comme cela se fait ! E,
(2) S’ils s’en tiraient ln'enune première fois, je prendraisdonc nia revanche avec avan-tage, quand je pourrais la-pren-dre, ou la faire-prendre. E.
( 3 ) On rie pense jamais asseza cette vérité la. E. i
(a) Prosperis P r itellii rebus certaturi ad obsetjuinm , adversamejus jorlunam ex œquo detreclabnnt. « Tous s’empressaient deservir Vnellius quand ses affaires étaient heureuses ; et ils le des-servirent. à l’envi quand la fortune lui devint contraire ». ( Tacit.Hist. 2 ) — Languenlibus omnium stud'is, qui primo alùcres fidemaltjue nnimum ostentavet anl , etc. : « louscbux qui avaient d’abordfait parade d’un courageux dévouement , n’eurent plus qu’une lan-guissante mdiilërence pour lui, etc. » {idem , Hist. 1.)