MACHIAVEL.
n’estavarequ’envers ces hom-mes cupides auxquels il nedonne pas , et qui sont très-peu nombreux (i).
BUO N APARTE. 1 55
(i) Le bon homme! R.I.
N’avons-nous pas vu , denos jours, que ceux-là seu-lement qui passaient pouravares, ont fait de grandeschoses , et que les prodiguesont succombé? Le pape Ju-les II, après s’être servi dela réputation d’homme libé-ral pour arriver à la papau-té ( 2 ), ne pensa plus ensuiteà se conserver ce renom ,quand il voulut se mettre enétat de combattre le Roi deFrance. Il a soutenu beau-coup de guerres sans mettreun impôt extraordinaire ; etsa longue parcimonie lui afourni tout ce qui était né-cessaire pour les dépensessuperflues (3), Le Roi d’Es-pagne actuel ( Ferdinand ,roi de Castille et d’Arragon),s’il eût été libéral , n’auraitpas fait de si grandes entre-prises , et n’aurait pas vaincudans tant d’occasions (4).
Ainsi donc , un Prince qui
( 2 ) Le mot libéral, métaphy-siquement pris, m’a servi pres-qu’aussi bien. Les expressions(1 idées libérales, de sentimentsliberaux, qui, du moins neruinent pas, et charment tousles idéologues, sont pourtantde mon invention ! Ce talisman,inventé par moi, 11 e servira ja-mais que ma cause , et plaideratoujours pour mon règne, mêmedans la main de ceux qui m’ontdétrôné. E.
(3) Idée mesquine. R.I.
(4) Sottise. 1\. !..
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