MACHIAVEL. BUONAPARTE. 139
cruauté, il a laissé détruirePistoie. (a)
Un prince ne doit doncpoint craindre l’infamie atta-chée à la cruauté , lorsqu’ilen a besoin pour tenir sessujets unis, et les empêcherde manquer à la foi qu’ils lui
doivent (1); parce qu’avec ( 1 ) Garde-toi bien de le leurtrès-peu d’exemples de sévé- dire; ils ne paraissent pas d ail-rité , tu seras bien plus clé- leurs disposes a te comprendre,nient que les princes qui,par trop de clémence , lais-sent éclore des désordres ac-compagnés de meurtres oude rapines ( 6 ), attendu queces meurtres et ces rapinesont coutume d’offenser l’uni-versalité des citoyens, tandis
( a ) Tel fut le funeste résultat de la clémence avec laquelle onen usa envers les familles Panciatic-i et Cancellieri, qui tenaient Pistoiepartagée en deux factions , et la mettaient toute en feu par leursquerelles.
(b ) « On se trouva mieux de la dureté de Corbulon , qui tenaitla discipline militaire en vigueur, que de l’indulgence des autresgénéraux, qui , à force de pardonner aux déserteurs, causèrentla ruine de leurs arme'es » : Quia duritiam cceli mililiæqt/e multiabnuehant , desenbantqne , remedium severitate quæsitum est ...Idque usu salubre , et misericordid meliùs apparuit , quippe pan-dores ilia castra deseruere quam ea in quibus ignoscebatur{ Tacit. Ann. 2 ).