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Machiavel commenté par Non Buonaparte : manuscrit trouvé dans le carrosse de Buonaparte après la bataille de Mont-Saint-Jean, le 18 juin 1815 / [par Nicolas Machiavelli ; commenté par N. Buonaparte]
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MACHIAVEL. BUONAPARTE. 139

cruauté, il a laissé détruirePistoie. (a)

Un prince ne doit doncpoint craindre linfamie atta-chée à la cruauté , lorsquilen a besoin pour tenir sessujets unis, et les empêcherde manquer à la foi quils lui

doivent (1); parce quavec ( 1 ) Garde-toi bien de le leurtrès-peu dexemples de sévé- dire; ils ne paraissent pas d ail-rité , tu seras bien plus clé- leurs disposes a te comprendre,nient que les princes qui,par trop de clémence , lais-sent éclore des désordres ac-compagnés de meurtres oude rapines ( 6 ), attendu queces meurtres et ces rapinesont coutume doffenser luni-versalité des citoyens, tandis

( a ) Tel fut le funeste résultat de la clémence avec laquelle onen usa envers les familles Panciatic-i et Cancellieri, qui tenaient Pistoiepartagée en deux factions , et la mettaient toute en feu par leursquerelles.

(b ) « On se trouva mieux de la dureté de Corbulon , qui tenaitla discipline militaire en vigueur, que de lindulgence des autresgénéraux, qui , à force de pardonner aux déserteurs, causèrentla ruine de leurs arme'es » : Quia duritiam cceli mililiæqt/e multiabnuehant , desenbantqne , remedium severitate quæsitum est ...Idque usu salubre , et misericordid meliùs apparuit , quippe pan-dores ilia castra deseruere quam ea in quibus ignoscebatur{ Tacit. Ann. 2 ).