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MACHIAf EL.
BÜ0N AP ARTE.
CHAPITRE XVII.
De la sévérité et de la clémence ; et s’il vaut mieuxêtre aimé que craint.
Descendant ensuite auxautres qualités dont j’ai faitmention, je dis que toutprince doit desirer de passerpour clément, et non pourcruel.Néanmoins je dois aver-tir qu’il doit craindre de malemployer sa clémence (i).César Borgia passait pourcruel; et cependant c’était sacruauté qui avait réparé lesmaux de la Romagne , enavait éteint les divisions , yavait rétabli la paix, et la luiavait rendue fidèle (2). Si l’onapprofondit bien sa conduite,on verra qu’il fut beaucoupplus clément que le peupleflorentin ne l’a été, lorsque,pour éviter la réputation de
( 1 )C’est ce qui arrive toujoursquand on vient avec une grandeprétention à la gloire de laclémence. E.
(2) Ne cessez pas de leurcrier que ce Borgia était unmonstre dont il faut détournerles yeux ; ne cessez pas : afinqu’ils n’apprennent point delui ce qui déconcerterait mesplans. E.
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