MACHIÀVEI,.
il est dans la nécessité d’agircôntre sa foi, contre les ver-tus d’humanité, de charité,et mêmecontresa religion (1).Son esprit doit être disposéà se tourner selon que lesvents et les variations de lafortune l’exigent de lui ; ét,comme je l’ai dit ci-dessus ,à ne pas s’éloigner du bientant qu’il le peut (a), mais àsavoir entrer dans le mal ,quand il y a nécessité ( a )•Son grand soin doit être des’observer, pour que toutesles paroles qui sortent de sabouché soient empreintes descinq vertus ci - dessus indi-quées ; et pour que , en levoyant conme en l’entendant,on le croy e entièrement pleinde bonté, de bonne foi, d’in-tégrité , d’humanité et de re-ligion ( 5 ). Parmi ces qualités,
BüOft APARTE. 1)7
(1) Supposé qu’il en ait une.R. C.
(2) Machiavel est sévère.
R. C.
( 3 ) C’est exiger beaucoupencore. La chose n’est pas sifacile. On fait ce qu’on peut.
R. C.
(a) « Le prince , dit encore Montaigne , quand une urgente cir-constance , et quelque impétueux,et inopiné accident, du besoingde son estât, lui fait gauchir sa parole et sa foy , ou autrement lejete hors de son devoir ordinaire, doit attribuer cette nécessité àun coup de la verge divine... Il le fallait faire ; mais s’il le fit sansregret, s’il ne luy greva de le faire , c’est signe que sa conscienceest en mauvais termes ( Ibid).