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TH A CH I A V EL. -
Les forteresses sont utilesou inutiles, suivant les temps;et si elles te procurent de l’a-vantage sous un rapport , del’autre elles te nuisent. Onpeut réduire la question àces termes : Le Prince qui aplus de peur de ses peuplesque des étrangers, doit se faire
des forteresses (1); mais celui (i) Quand on craint les unsqui craint plus les étrangers autant que les autres, il fautque ses peuples, doit se pas- absolument en avoir, et en avoirser de cette défense. Le cbâ- partout où Ion craint. E.
teau que François Sforce s’estlaitaiVEil an a attiré et attireraplus de guerres à la maisondes Sforces que tout autredésordre possible eu cet Etat(«). La meilleure forteresse
perdit et la forteresse et la ville, dès qu’ils se furent soulevés con-tre cegouverneur (Discours sur la première Décade, l. 2, ch. 24).
(a) La citadelle que François Sforce bâtit à Milan, rendit les Prin-ces de sa famille plus hardis-, et ils en devinrent plus violents etplus odieux, dit Machiavel ( Disc- l. 2, ch. 24 )• Il ajoute que « cechâteau ne servit dans l’adversité, ni aux Sforces , ni aux Français,quand les uns et les autres le possédèrent successivement : mais aucontraire leur nuisit beaucoup , parce que leur orgueil, satisfait dele posséder, fit que les uns et les autres dédaignèrent de traiter lepeuple avec égards et ménagements ». — « Si tu fais des forteresses ,poursuit Machiavel, elles te servent en temps de paix, mais uniquementpour te rendre plus hardi à maltraiter tes sujets ; en temps do