BD ON AP A RTE.
228 MACHIÀTEL.
plus cruel, et lout-à-la-foisde plus extraordinaire que cequ’ilexécuta dans cette occa-sion. C’est sous ce même man-teau de la religion, qu’aprèscela il s’est porté contre l’Afri-que , a entrepris sa conquêted’Italie , et qu’il vient récem-ment d’attaquer la France.Toujours il a concertéde gran-des choses qui ont frappé sespeuples d’admiration, et tenuleurs esprits préoccupés desrésultats qu’elles pouvaientavoir (1). Il a même tellementfaitnaître ses entreprisesl’unede l’autre (2), qu’elles 11’ontjamais laissé à ses sujets letemps de respirer, et de pou-voir tramer quelque complotcontre lui (3).
C’est encore un expédienttrès - avantageux pour unPrince d’imaginer des choseseingulièies dans le gouver-nement de l’intérieur de sonEtat (4) , comme celles quel’on raconte de messire Bar-’nabo Visconti de Milan (a).
( 1 ) Tenir mes peuples tou-jours ébahis, en leur donnantsans cesse a parler de mes succès,ou de mes vues agrandies parle génie de l’ambition : cela nepeut que m’être fort utile. It.C.
( 2 ) C’est a quoi je me suisappliqué , surtout dans mestraités de paix, en y faisanttoujours insérer quelque clausepropre a faire naître le prétexted’une nouvelle guerre prochai-ne. B. I.
(3) C’est aussi l’un de mesbuts dans la succession préci-pitée de mes entreprises. 11. I.
(4) Mais il faut bien que ceschoses éblouissent par leur faste,et ne soient pas tout-a-fait dé-pourvues dej quelque apparenced’utilité publique. R. I.
(a) Les traits que nous avons à fournir de l’originalité des actesdu gouvernement de ce Prince, forment une longue note qui re-