MACHIAVEL.
Lorsqu’il arrive qu’une per-sonne a fait, dans l’ordre ci-vil,une action non commune,soit en bien soit en mal, ilfaut trouver , pour la récom-penser (i)ou pour la punir ( 2 ),un mode remarquable dontle public ait à parler beau-coup (a). En un mot (3), lePrince doit, par-dessus tout,s’ingénier pour que chacunede ses opérations tende à-luiprocurer la réputation degrand homme et de Princed’un génie supérieur (é).
BUONAPARTE. 22g
( i ) L’institution de mes prixdécennaux. R. I.
( 2 ) On ne peut plus rien in-venter en cette partie. R. I.
(3) Je te comprends, et jeme conforme a tes conseils,
R. I,
Il se fait encore estimer,quand il est décidément ami,ou décidément ennemi desPrinces voisins, c’est-à-dire
pousserait trop loin les suivantes. Nous la renvoyons à la fin duprésent traité de Machiavel.
(a) Philippe de Commines raconte que LouisXI «faisait d’asprespunitious pour être craint, et de peur de perdre obéissance. Ilrenvoyait officiers, et cassait gendarmes , rognait pensions, et pas-sait temps à faire et défaire gens ; et faisait plus parler de lui parmile royaume que ne fit jamais Roi » , etc. ( Mèmoir . L. 6 , c. 8).
(è) Les soins principaux d’un Prince doivent tendre à lui faireacquérir delà réputation : Prcecipua rerum adfamant dirigenda( Tacit. Ann. 4 ). Il doit être comme Mucien, qui savait donner del’éclat à tout ce qu’il disait et à tout ce qu’il faisait : Omnium queediceret, atque ageret , arte quâdam ostentator ( Hist. 2 ).