MACHIAVEL.
BUO N APARTE. 2^g
CHAPITRE XXII.
Des secrétaires f ou Ministres J des Princes. >
Ce n’est pas une chose depeu d’importance pour unPrince, quedebien choisir sesministres; ilsdeviennenlbonsou mauvais suivant la pruden-ce qu’il a mise dans son choix(i). Le premier jugement quel’on porte d’abord sur unPrince et sur sou esprit, n’estque conjectural (2); mais il atoujours pour fondement légi-time la répu tation des hommesdont ce Prince s’entoure (<2).
( 1 ) Mais cette prudence doitaussi s’accommoder aux circons-tances. 11 en est de telles que leplus diffamé devient le plus re-commandable. R. C.
(■>.) Qu’aurait - on pensé demoi, si j’eusse pris pour minis-tres et conseillers des amis dé-clarés des Bourbons, décorésde leurs croix de Saint-Louis ,couverts des bienfaits de celuique je remplaçais , et qui aspi-rait a me supplanter? R. I.
(a) Au rapport de Tacite, 011 augura bien du règne de Néron,en le voyant choisir Corbulon pour général de ses armées , parceque ce choix montrait que la porte était ouverte au mérite , et quele Prince était dirigé par un bon conseil : Dalurum plané docu-mentant , honestis , an seuls , anricis uleretur, si ducem egre-gnan, quàm si pecuniositm. et gralid subnixum deligeret... Lœti,qubd Domitium Corbulonem prœposuerat, videlmturquelocus vir-tutibus patefaclus ( Ann. i 5 ). — « Il me semble., dit Commines( Me'm. 1 . 2 , c. 5 ), que l’un des plus grands sens que puisse mon-trer un Seigneur, c’est de s’accointer et approcher de lui gens ver-