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Machiavel commenté par Non Buonaparte : manuscrit trouvé dans le carrosse de Buonaparte après la bataille de Mont-Saint-Jean, le 18 juin 1815 / [par Nicolas Machiavelli ; commenté par N. Buonaparte]
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BCONAPARTE.

240 MAC ni A TE L.

Quand ils sont dune capacitésuffisante, et quils se mon-trent fidèles (1), on peut tou-jours le croire sage lui-même,parce qu il a su les connaîtreassez bien , et quil sait lesmaintenir dans la fidélité asa personne (2). Mais quandils sont autrement, lon peuttoujours porter sur lui un ju-gement défavorable , parcequil a commencé par unefaute grave en les prenantainsi (3). Il ny avait per-sonne qui, voyant messer An-toine de Venafro , devenuministre de Pandolphe Pé-trucci , prince de Sienne, 11ejugeât que Pandolphe étaitun homme très-prudent, parcela même quil avait prisAntoine pour ministre (4).

Mais il faut savoir quil ya , parmi les Princes commeparmi les autres hommes,

( 1 ) Je peux trouver tout celadans un homme diffamé, beau-coup mieux que dans celui dontla réputation fleure comme bau-me. R. C.

(2) Cest- le difficile : ils ytrouveront leur ruine. E.

( 3 ) On ne sait pas lcviterquand on 11e connaît pas leshommes, et quon se laisse di-riger par autrui dans les choixque lon fait. E.

( 4 ) Voyez ses choix , etjugez. E.

tueux et honnêtes j car il sera jugé à lopinion des gens , dêtre dela condition et nature de ceux quil tiendra les plus prochains delui. Et cest le prince dOrange se fondait , quand il disait quilfallait juger de la cruauté du roi Philippe II , par toutes celles quele duc dAlbe exerçait impunément dans les Pays-Bas ».