BCONAPARTE.
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Quand ils sont d’une capacitésuffisante, et qu’ils se mon-trent fidèles (1), on peut tou-jours le croire sage lui-même,parce qu il a su les connaîtreassez bien , et qu’il sait lesmaintenir dans la fidélité asa personne (2). Mais quandils sont autrement, l’on peuttoujours porter sur lui un ju-gement défavorable , parcequ’il a commencé par unefaute grave en les prenantainsi (3). Il n’y avait per-sonne qui, voyant messer An-toine de Venafro , devenuministre de Pandolphe Pé-trucci , prince de Sienne, 11ejugeât que Pandolphe étaitun homme très-prudent, parcela même qu’il avait prisAntoine pour ministre (4).
Mais il faut savoir qu’il ya , parmi les Princes commeparmi les autres hommes,
( 1 ) Je peux trouver tout celadans un homme diffamé, beau-coup mieux que dans celui dontla réputation fleure comme bau-me. R. C.
(2) C’est-là le difficile : ils ytrouveront leur ruine. E.
( 3 ) On ne sait pas l’cviterquand on 11e connaît pas leshommes, et qu’on se laisse di-riger par autrui dans les choixque l’on fait. E.
( 4 ) Voyez ses choix , etjugez. E.
tueux et honnêtes j car il sera jugé à l’opinion des gens , d’être dela condition et nature de ceux qu’il tiendra les plus prochains delui. Et c’est où le prince d’Orange se fondait , quand il disait qu’ilfallait juger de la cruauté du roi Philippe II , par toutes celles quele duc d’Albe exerçait impunément dans les Pays-Bas ».