euonaparte.
342 MACHIAVEL.
Mais comment un Princepeut-il connaître si son mi-nistre est bon ou mauvais ?en voici un moyen qui n’in-duit jamais en erreur. Quandtu vois ton ministre penserplus à lui qu’à toi , et que,dans toutes ses actions, il re-cherche son avantage person-ne] ; tu peux être persuadéque jamais cet homme 11e teservira bien (1). Tu ne pour- (1) Faire autant que possi-ras jamais être sûr de lui (a), ble, qu’il ne puisse penser à sesparce qu’il mancjue an pre- iutérêts qu’en s’occupant desmier des principes moraux Uens -de sa condition. Ce principeest que celui qui manie lesaffaires d’un Etat ne doit ja-
règne , se faire connaître, par la sagesse de ses conseils : Scjanvs ,incipiente adhuc poientid, bonis consiliis notescere volebat (Ta-cit. Ann. 4 )•
(a) Après que Séjan eut sauvé la vie à Tibère dsns la grotte dela Spelonque, celui-ci, dit Tacite, prit une entière confiance enlui ,-comme en un homme qui avait eu plus de soin de la vie deson Prince que de la sienne propre ; major ex eo , et , ut non sutanxius , cum jide audiebatur (Ann. 4 ). Tigelhn , pour perdre sesrivaux , disait à Néron qu’il n’était pas comme Burrhus qui avaitdes prétentions et des espérances ; que pour lui , il n’avait d’autrebut que le salut de ce prince : Non se, ut Durrhum, diverses spes,sed solum incolumitatem Neronis spectarc ( Ann. 14 ). Tous lesministres tiènent le même langage , ajoute Ameiot de la Houssaie ;mais leur cœur dément souvent ce que leur bouche alors profère.