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Machiavel commenté par Non Buonaparte : manuscrit trouvé dans le carrosse de Buonaparte après la bataille de Mont-Saint-Jean, le 18 juin 1815 / [par Nicolas Machiavelli ; commenté par N. Buonaparte]
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euonaparte.

342 MACHIAVEL.

Mais comment un Princepeut-il connaître si son mi-nistre est bon ou mauvais ?en voici un moyen qui nin-duit jamais en erreur. Quandtu vois ton ministre penserplus à lui quà toi , et que,dans toutes ses actions, il re-cherche son avantage person-ne] ; tu peux être persuadéque jamais cet homme 11e teservira bien (1). Tu ne pour- (1) Faire autant que possi-ras jamais être sûr de lui (a), ble, quil ne puisse penser à sesparce quil mancjue an pre- iutérêts quen soccupant desmier des principes moraux Uens -de sa condition. Ce principeest que celui qui manie lesaffaires dun Etat ne doit ja-

règne , se faire connaître, par la sagesse de ses conseils : Scjanvs ,incipiente adhuc poientid, bonis consiliis notescere volebat (Ta-cit. Ann. 4 )

(a) Après que Séjan eut sauvé la vie à Tibère dsns la grotte dela Spelonque, celui-ci, dit Tacite, prit une entière confiance enlui ,-comme en un homme qui avait eu plus de soin de la vie deson Prince que de la sienne propre ; major ex eo , et , ut non sutanxius , cum jide audiebatur (Ann. 4 ). Tigelhn , pour perdre sesrivaux , disait à Néron quil nétait pas comme Burrhus qui avaitdes prétentions et des espérances ; que pour lui , il navait dautrebut que le salut de ce prince : Non se, ut Durrhum, diverses spes,sed solum incolumitatem Neronis spectarc ( Ann. 14 ). Tous lesministres tiènent le même langage , ajoute Ameiot de la Houssaie ;mais leur cœur dément souvent ce que leur bouche alors profère.