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Machiavel commenté par Non Buonaparte : manuscrit trouvé dans le carrosse de Buonaparte après la bataille de Mont-Saint-Jean, le 18 juin 1815 / [par Nicolas Machiavelli ; commenté par N. Buonaparte]
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256 MACHIAVEL,à leur opposer (i). D'aprèscela, ils pourraient juger quilest inutilede se fatiguer beau-coup en de telles occasions,et quil convient alors de selaisser gouverner par le sort(a). Cette opinion sest plusaccréditée de notre temps , àcause des grands changementsqui, hors de toute conjecturehumaine , se sont vus et sevoient chaque jour ( 2 ). Jaimoi-même, en y réfléchissantde temps à autre, penché enquelque partie vers cette opi-nion. Cependant, notre librearbitre nétant point anéanti,je jugequil peut être vrai quela Fortune soit larbitre de lamoitié de nos actions, maisaussi quil est certain quellenous en laisse gouverner l'au-tre, ou du moins tou jours quel-

BCONAPARTE.

(1) Système des paresseux,ou des faibles. Avec du génieet de lactivité , lon maîtrise laplus adverse Fortune. E.

(2) En avait - il vu un plusgrand nombre et de plus grandsque ceux que jai fait naître,et que je peux produire encore?

E.

( 3 ) Saint - Augustin na pas (mieux raisonné sur le libre ar-

ques parties (3). Je la com- bitre. Le mien a dompté lEu-pare à un fleuve désastreux rope et la Nature. R. I.

(a) Tacite en donne un bel exemple , en parlant de Claude ,que la Fortune destinait à lempire, pendant que les Romains pen- fsaient à tout autre quà lui : Mihi quanta plura recentium , s eu ve~lerum revolvo , tanto magis ludibria rerum mortalium cunctisin negotüs adversanlur , quippe famâ , spe , veneratione potinsomnes destinabantur imperio , quant quem futurum Pri/itipemFartuna in occulto tenebat ( Ann. 3 ).