B CON APARTE.
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lorsque l’infanterie espagnolevint aux prises avec les trou-pes allemandes qui obser-vaient la même méthode queles Suisses, tandis que les Es-pagnols agiles de corps , etgarantis par leurs brassards ,ayant pénétré parmi les pi-ques des Allemands, se trou-vaient en sûreté pour les frap-per, sans que ceux-ci eussentle moyen de s’en défendre.
Si la cavalerie ne les eût pas
dire, le jeune Gaston de Foix , neveu de Louis XII. Non contentd’avoir mis le comble à sa gloire devant Ravenne , après avoir pré-cédemment repoussé une armée de. Suisses , et chassé le Pape deBologne en passant rapidement quatre fleuves , il poursuivait uncorps d’Espagnols qui se retirait , lorsqu’il fut tué. Son corps futapporté à Milan, où on lui fît des obsèques très-honorables ; maisil fut retiré de sa tombe et caché ailleurs , par les soins affectueuxdu Cardinal de Sion , empressé de le soustraire aux outrages desvainqueurs , lorsque Ludovic le More vint chasser les Françaisde Milan. François I , y étant ensuite, venu après la bataille de Ma-rignan , ordonna au fameux sculpteur Milanais , Augustin Bam-baia de faire au jeune Kéros un mausolée digne de lui. Mais l’ou-vrage , quoique déjà fort avancé , n’était pas fini, quand les Fran-çais furent encore une fois obligés de quitter cette ville. Quoiquece monument fût un chef-d’œuvre, les évènements qui se succé-dèrent en Italie, et plus encore, l’antipathie qu’on y conservait pourles Français , empêchèrent qu’il ne fût érigé. Ses diverses pièceslurent enlevées de Milan par des amateurs de l’art ; et elles ne seretrouvent plus que comme des objets de curiosité , en quelquescabinets et quelques palais de Rome , de Florence et de Milan-