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Machiavel commenté par Non Buonaparte : manuscrit trouvé dans le carrosse de Buonaparte après la bataille de Mont-Saint-Jean, le 18 juin 1815 / [par Nicolas Machiavelli ; commenté par N. Buonaparte]
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alors à lui servir de guide : le Frince le fait monter en croupesur son cheval, et pendant le trajet lexcite, avec beaucoup defamiliarité , à lui raconter franchement ce quon disait de Barnabô ;et le paysan sexplique sans crainte. Sa franchise plaît infinimentau Frince. Bientôt il se plaint davoir pris froid à cheval , et ditquil veut marcher. Barnabe) le laisse mettre pied à terre; et ra-lentit le pas de sa monture pour suivre son conducteur , quilengage à ne pas forcer le sien. Il continuait sa familière conver-sation avec lui, quand ils aperçurent au loin des gens qui venaientavec des torches allumées. « Ho , ho, dit le paysan , ils vont sansdoute chercher le seigneur Bamabô, qui , par amour de la chasse ,ségare souvent dans la forêt «. Ces gens approchent, reconnaissent leFrince , se prosternent , et le bûcheron en est saisi détonnement etde crainte. Barnabô le rassure, et veut quil laccompagne jusquauchâteau de Marignano. On y arrive ; il ordonne que ce paysan,dont les vêtements nétaient qne des haillons , soit conduit dans laplus belle salle du château , quon y allume un grand feu pour leréchauffer , et quensuite on le fasse souper avec lui, à sa propretable , personne ne mangeait ordinairement.

Pendant le souper , Barnabô , ayant en face ce bûcheron, lui par-lait avec la même cordialité que dans la forêt. Apres le repas, il lefit conduire pour se coucher dans une chambre magnifique , ily avait un lit excellent et somptueux , que le rustre nosait aborder.Enfin il y dormit voluptueusement. Le lendemain, à son lever,il reçoit linvitation de se rendre auprès du Frince qui veut le voir ;et le Prince sempresse de lui demander comment il a passé la nuit.« Comme en paradis , répond le bûcheron ; mais je voudrais menaller ». « Jy consens, répond Barnabô; mais auparavant il faut queje le donne la récompense que je tai promise » ; et il lui fait comp-ter la somme convenue. Celui-ci layant reçue , se hâtait de par-tir pour aller en faire part à sa femme et à ses enfants; « Encoreun moment , lui dit le Prince : avant de me quitter , je veux que tume demandes une grâce ». Eh ! bien , répliqua le paysan enhardipar tant de bonté , je tous prie de me faire rendre la petite métai-rie que le châtelain de Lodi ma euleve'e. Tu lauras; et à lins-