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de Ja nature : c’est-là ce qu’on vit dans l’heureuseconstitution de Rome (a).
§ II.
De la Religion.
Il n’y a jamais eu d’Etat auquel on n’ait pas donnéla religion pour fondement; et les mieux avisés desfondateurs d'Etats lui attribuèrent la plus grande in-fluence possible dans les choses de la politique :tels furent les Romains, Solon, Lycurgue, etc. Troismotifs durent les y porter : le premier est que lareligion faisait heureusement passer les peuplesde leur férocité native à la sociabilité de la civilisa-tion , comme on le vit, grâce aux religieuses insti-tutions de Numa, chez le peuple romain qui étaitentièrement farouche sous l’empire de Romulus. Leursecond motif dut être qu’une grande quantité d’ac-tions reconnues pour utiles par des gens sages ,n’offrent réellement pas au premier aspect des raisonsassez évidentes pour que les autres soient égalementconvaincus de leur bonté. Les chefs d’Etat avaientalors , pour lever cet obstacle , le secours de lareligion qui venait en persader cette multitude qu’onavait accoutumée h sa croyance et k ses préceptes.
Enfin, leur troisième motif fut, qu’il est des en-treprises difficiles, dangereuses, contraires même à
(a) Discorsi sopra Tito-Livio : L. i. c. 5.