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Machiavel commenté par Non Buonaparte : manuscrit trouvé dans le carrosse de Buonaparte après la bataille de Mont-Saint-Jean, le 18 juin 1815 / [par Nicolas Machiavelli ; commenté par N. Buonaparte]
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de Ja nature : cest- ce quon vit dans lheureuseconstitution de Rome (a).

§ II.

De la Religion.

Il ny a jamais eu dEtat auquel on nait pas donnéla religion pour fondement; et les mieux avisés desfondateurs d'Etats lui attribuèrent la plus grande in-fluence possible dans les choses de la politique :tels furent les Romains, Solon, Lycurgue, etc. Troismotifs durent les y porter : le premier est que lareligion faisait heureusement passer les peuplesde leur férocité native à la sociabilité de la civilisa-tion , comme on le vit, grâce aux religieuses insti-tutions de Numa, chez le peuple romain qui étaitentièrement farouche sous lempire de Romulus. Leursecond motif dut être quune grande quantité dac-tions reconnues pour utiles par des gens sages ,noffrent réellement pas au premier aspect des raisonsassez évidentes pour que les autres soient égalementconvaincus de leur bonté. Les chefs dEtat avaientalors , pour lever cet obstacle , le secours de lareligion qui venait en persader cette multitude quonavait accoutumée h sa croyance et k ses préceptes.

Enfin, leur troisième motif fut, quil est des en-treprises difficiles, dangereuses, contraires même à

(a) Discorsi sopra Tito-Livio : L. i. c. 5.