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la disposition naturelle des peuples , et néanmoinsnécessaires à leur prospérité , auxquelles on ne peutles décider qu’en leur montrant qu’elles sont com-mandées par la religion, ou que du moins elles seferont sous ses auspices. Il y en a partout des exem-ples convainquants , par lesquels on peut voir com-»bien la religion est utile à la politique (a).
§ III.
Des differentes espèces de Gouvernements.
11 y eu a trois bons, et trois mauvais. Les bonssont la principauté, le gouvernement des grands, etle gouvernement populaire. Les trois mauvais naissentde la corruption des premiers. La principauté de-vient aisément tyrannie ou despotisme, pour meservir de l’expression moderne. Le gouvernementdes grands dégénère en celui d’un petit nombred’entre eux; et c’est ce que nous appelons oligar-chie. Enfin , le populaire tombe dans la licence ; etc'est ce que nous nommons anarchie ( b).
Dans toutes les cités où il y a une grande égalitéparmi les citoyens , on ne peut établir la principauté;et si l’on voulait en créer une dans un pays où règnecette grande égalité , il faudrait commencer par yintroduire l’inégalité des conditions , en y faisantplusieurs nobles feudataires qui, ensemble avec le
(o) Discorsi sopra Til. Liv. : c. g, 10 , 11 , 12 , i3,14 et i 5 .(6) Ibid. c. 2.
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