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Machiavel commenté par Non Buonaparte : manuscrit trouvé dans le carrosse de Buonaparte après la bataille de Mont-Saint-Jean, le 18 juin 1815 / [par Nicolas Machiavelli ; commenté par N. Buonaparte]
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Les villes qui sadministrent sous le nom de Ré-publique , changent fréquemment de gouvernement;et cela narrive point par leffet de la liberté dont ony jouit, ou de la servitude quon y éprouve, commebeaucoup de gens le croient, mais par celui duneservitude accompagnée de licence., sont tou-jours des partis opposés , savoir le parti des richesqui sont des ministres desclavage , et le parti desmeneurs du peuple qui sont des ministres de licence.Tous proclament hautement le nom de liberté , tan-dis quaucun deux ne voudrait être soumis, ni auxlois , ni aux hommes.

Ce quil y a de plus indomptable dans un état ré-publicain , cest le pouvoir exécutif qui dispose desforces de la nation. On devrait ne le confier quauxgrands ; mais comment les choisir sans risque de setromper? Comment sassurer que ce pouvoir ne secorrompra pas lui-même? Nous voilà donc réduitsà nous confier plus dans les hommes que dans leslois: ce que je ne voudrais point. Les hommes sont àpeu près tous méchants ; et lancre du bien publicest toute entière dans la bonté des lois , laquelle con-siste à faire que ce soit plus par nécessité que parvolonté que les hommes sabstiennent de mal faire.Mais comment arriver à ce milieu inaccessible ? Ilfaudrait faire à-la-fois deux choses qui paraissent in-compatibles , cest-à-dire limiter le pouvoir à tel pointque celui qui en est le dépositaire, ne pût pas enabuser ; et dautre part, lempêcher, de sétendre, sans