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que cette contrainte lui fît rien perdre de son activité.Dans plusieurs lépubliques, on institua des magistratsdont la fonction fut d’embarasser le pouvoir ; et ceshommes, je les aurais appelés les gardiens de la liberté(a). En quelques-unes, sa garde fut confiée aux grands,eomme aux éphores à Lacédémone, et aux inquisi-teurs d’état à Venise; en quelques autres, ce fut auxchefs du parti populaire, comme auxTribuns du peu-ple dans Rome. Ce dernier choix me semble préfé-rable. Il en résulte , à la vérité, des inconvénients ;mais ils sont moindres que dans l’autre ; et l’on p urraitles prévenir, ou du moins les affaiblir. Pour cela , ilfaudrait donner à chacun la faculté d’accuser celui quitramerait quelque innovation dans l’état, faire mêmede l’usage de cette faculté un devoir pour tout ci-toyen , et non une infamie pour l’homme honnête.Il serait même utile qu’en écartant toute tache d’igno-minie de pareilles dénonciations , on les recompensâtde quelque signe de mérite (b). Les accusations decette nature doivent être assujéties au sindicat d’ungrand nombre de citoyens , parce qu’un petit nom-bre n’a jamais assez de courage pour demander, jus-qu’à ce qu’il l’obtienne, la punition des grands, et qu’ilfaut à cet effet faire concourir assez de citoyens pourque l’accusation puisse se cacher, et se trouver ex-cusée par ce moyen-là même (c).
Lorsqu’une république tend à la corruption , il ne
(а) Discorsi supra Tito-Lino : L. i. c. 5 et 6.
(б) Ibid. c. 5 et 6.
(c) Dis corso a Léo ne