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INTRODUCTION
Ce n’est point un spectacle sans inteTêt que celui des immenses et conti-nuels travaux qu’ont entrepris les gouvernements en divers pays, à diversesépoques , pour procurer de l’eau en abondance aux habitants des grandesvilles, et pourvoir ainsi à l’un de leurs plus indispensables besoins. Sansdoute, lorsqu’une peuplade est encore peu nombreuse, et n’occupe que peud’espace , le fleuve sur les rives duquel elle a toujours soin de s’établir,fournit facilement l’eau qui lui est nécessaire : mais dès que la population etla richesse d’une cité s’accroissent ; que ses murs s’étendent au loin, il neserait plus possible à ses habitants de venir puiser au fleuve, sans une extrêmefatigue et sans une grande perte de temps.
Les Romains , pendant plus de quatre cents ans, se contentèrent des eauxlimoneuses et jaunes du Tibre ; mais, dans le cinquième siècle de la fondationde Rome , leurs magistrats firent venir, à grands frais, des montagnes voisines,les eaux des sources les plus abondantes, et même des fleuves entiers (i).
Paris aussi, tant qu’il fut circonscrit dans sa petite île de boue, à laquelle,suivant quelques écrivains , il doit son premier nom, Paris n’eut d’autrefontaine, d’autre réservoir d’eau que la Seine . Mais lorsque les Romainsvainqueurs s’y furent établis, et eurent couvert les campagnes voisinesd’édifices, de monuments de toutes espèces, les sources, les petites rivièresenvironnantes leur durent le tribut de leurs eaux : ils élevèrent cet aquéducdont nous voyons encore aujourd’hui quelques ruines.
Les moyens que l’on a employés de tout temps pour assurer aux grandesvilles leur consommation en eau, se réduisent à ceux-ci : des aquéducs etcanaux, des citernes ou conserves-d’eau, des machines hydrauliques.
Les anciens n’ont guère employé que les deux premiers moyens : quoiqu’ilseussent porté très-loin la science de la mécanique , il ne paraît pas qu’ilsse soient servis de machines pour élever les eaux des fleuves au-dessus deleur niveau, et pour les distribuer ensuite sur des terrains plus bas. Et, en
(i) Ab urbe condita par annos CCCCXLI contenti fuerunt Romani usa. aquarum quas aut ex
Fiberi, aut ex putois , aut ex fontibus hauriebant . Nunc in urbem injluunt aquœ Appia, Ania
Vêtus y Martin y etc. S, J. Frontim de Aquæductibus urbis Roroæ, lib. I.
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