INTRODUCTION.
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effet, des machines hydrauliques devaient paraître superflues à des hommesqui ne craignaient pas d’aller chercher à quarante, cinquante et soixantemilles, et de conduire par des canaux, tantôt souterrains, le plus souventsoutenus par des arcades à double et triple rang, Feau destinée à la consom-mation de leurs villes.
Par-tout où les Romains ont séjourné, on voit les restes des aqueducs qu’ilsont construits, dans, ces arcs rompus et dégradés qui, en Italie et dans les an-ciennes Gaules , restent encore debout hors des murs de plusieurs villes, et seprolongent au loin dans les campagnes. Ce sont autant de monuments de lapuissance du peuple qui osa les exécuter, du caractère de grandeur et d’utilitéqu’il donnait à tous ses ouvrages, de l’étonnant degré de sa civilisation.
Il paraît qu’en Grèce , où les arts de l’imagination étaient cultivés avec tantde succès, on n’avait point songé à amener de loin dans les villes l’eau né-cessaire aux habitants : on n’y consommait d’autre eau que celle des citernes,des fontaines, des puits creusés dans l’enceinte même des murs. Si l’on trouveaujourd’hui des ruines d’aquéducs dans les environs des villes grecques, cesmonuments datent, suivant l’opinion la plus vraisemblable, de la périodependant laquelle les Romains vinrent se confondre pour ainsi dire avec lesGrecs. Tous sont ou paraissent être de construction romaine.
Dans les contrées méridionales de Fltalie, et en Grèce , où les fleuves sontdesséchés, les fontaines, quelquefois taries pendant une grande partie de l’an-née, les citernes, ces vastes réservoirs où l’on recueillait et conservait les eauxpluviales, devenaient une ressource indispensable pour prévenir la disette del’eau durant la saison brûlante de l’été. Aussi trouvons-nous, dans ces pays,des restes très-imposants et multipliés de ces constructions : les citernes sontplus rares à mesure que l’on rétrograde vers le Nord; c’est que là elles étaientmoins nécessaires.
Les canaux ne sont que des aquéducs creusés sur la surface de la terre,et qui servent soit à unir deux fleuves, soit à procurer aux villes des eauxabondantes. Ils peuvent être navigables, si on leur donne une largeur et uneprofondeur suffisantes. Les anciens ont, plus que nous peut-être, creusé descanaux : la nomenclature des canaux anciens, dont les auteurs font mention,pourrait seule remplir plusieurs pages (i). Mais, et ceci doit donner beaucoup
(i) M. de Lalande a donné dans son Traité des Canaux , et l’auteur de l’article Canal , dans leDictionnaire d’Antiquités de l’Encyclopédie méthodique, a répété, d’après lui, la nomenclaturedes canaux les plus célèbres, exécutés par les anciens dans les trois parties du monde alorsconnu. En Asie , on cite le canal de l’Euphrate , le canal royal au-dessus de Babylone , le canalde Nicomédie, etc.; en Afrique , les bouches données au Nil , le lac Mœris, creusé suivant