IV
INTRODUCTION.
rappelle ces vastes salles destinées, dans les thermes publics, aux réunions,ou aux exercices du corps ; salles que l’on a retrouvées à Rome dans les bainsde Dioclétien , ainsi qu’à Raïa, près de Naples , et sur toute la côte voisine.
Il paraît qu’il y avait aussi, dans le même temps, ou d’autres thermes, ouau moins des palais, sur la rive opposée de la Seine , et à-peu-près dans l’em-placement où le Louvre s’élève aujourd’hui, puisqu’on a découvert (en 1734)dans les Champs-Elysées , l’aquéduc qui conduisait de ce côté des eaux venantde Chaillot (1).
Quoi qu’il en soit, l’ancien aquéduc d’Arcueil tirait ses eaux non-seulementdes sources qui avoisinent le village de Rungis , mais même de plus loin ; caron a retrouvé des canaux anciens à une plus grande distance. Après avoirexisté pendant plusieurs siècles, cet aquéduc fut totalement détruit par lesNormands, qui brûlèrent et renversèrent, dans le neuvième siècle, tout cequi était hors de la cité.
L’aquéduc qui porte aujourd’hui le nom <XArcueil, est moderne, et mêmepostérieur aux deux autres dont je vais parler.
L’un est celui des Prés - Saint-Gervais, qui, dans le principe, appartenait àl’abbaye de Saint-Laurent, située au pied de la butte de Montmartre, et dontl’origine remonte au-delà du sixième siècle (2).
Quoique l’on ignore la date précise de la construction de cet aquéduc, onne saurait pourtant le regarder comme antique. Il n’a rien qui rappelle legenre de construction que l’on remarque dans les ruines de l’ancien aquéducd’Arcueil.
Les eaux qu’il transporte viennent des hauteurs de Romainville , des Bruyères,et de Menil-Montant, et se rendent à un réservoir commun, situé dans levillage du Pré-Saint-Gervais , d’où elles sont conduites à Paris par des tuyauxde plomb ( 3 ).
L’autre aquéduc est celui de Belleville . Il commence au sommet du villagede ce nom, et se termine au pied de la colline sur laquelle est bâti le village.On ne connaît point non plus sa véritable origine. Ce qui paraît probable,c’est qu’il fut construit, ainsi que le précédent, aux frais d’un riche monastère( l’abbaye de Saint - Martin ) : il alimentait une fontaine dans son enceinte.
Lorsque Paris se fut étendu, et que ces monastères, autrefois isolés dans les
(1) Voyez Mémoire sur les Aqueducs de Paris , comparés à ceux de l’ancienne Rome, parM. Bonamy, dans les Mémoires de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres , tome XXX.
(2) Voyez Recherches sur les Eaux publiques de Paris , par M. l'ingénieur Girard, qui citeà ce sujet Dom Félibien, tome I, page 192.