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Les fontaines de Paris : anciennes et nouvelles / par Amaury Duval
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INTRODUCTION.

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à réfléchir, à peine voit-on aujourdhui les traces de quelques-uns de ces grandstravaux : il semble que la nature offensée ait voulu bientôt reprendre ses droits.De ces nombreux canaux, dont lexécution a exigé, dans tous les pays, tantdefforts et dargent, il ne reste plus rien, si ce nest, en quelques endroits,de stériles marais, des lacs pestilentiels.

Tous ces moyens employés par les anciens pour diriger les eaux et les faireservir à leurs besoins, les modernes les ont connus et pratiqués avec plus oumoins de succès. Si leurs aquéducs sont moins solides, moins nombreux,cest quils ont, pour élever les eaux des fleuves, des machines qui semblentles dispenser daller chercher aussi loin celles quexige la consommation desvilles. Mais il ne faut pas se le dissimuler, et jaurai occasion de le prouverdans la suite de cette Introduction, le premier des moyens que les hommesaient employés, les aquéducs, est encore le meilleur, comme il est le plussimple et le plus facile.

Dans Paris , des aquéducs et des machines hydrauliques sont employésconcurremment à laliment des fontaines : et enfin, tout récemment un canal,en conduisant dans cette capitale les eaux dune rivière lointaine, a plus quedécuplé la quantité de celles dont on y pouvait déjà disposer. Mon intentionest de rappeler ici rapidement lhistoire de létablissement de ces aquéducs,de ces machines, et sur-tout celle du canal. Cest, à ce quil me semble, uneintroduction nécessaire à lhistoire des fontaines.

AQUÉDUCS DE PARIS .

Il ne reste plus que des ruines de lancien aquéduc qui fournissait des eauxaux Thermes que les Romains avaient élevés sur la rive gauche de la Seine,et dont on attribue la construction à lempereur Julien (i). Jappelle Thermesle monument antique dont nous voyons des ruines à Paris , dans une grandesalle qui subsiste encore (rue de la Harpe). La tradition, qui a conservé cenom à cet édifice, ne me paraît point mensongère. Laspect de cette ruine

Hérodote à main dhomme, le canal de Joseph, les canaux dAlexandrie , le canal delà Mer- Rouge , etc. ; en Europe , le canal du, le canal dAuguste à Ravenne , les canaux dÉtrurie ,les canaux des Marais-Pontins , le canal de Trajan , le canal de Marius dans les Gaules , le canalentre la Saône et la Moselle , etc. etc.

(i) Ce qui semblerait fonder cette opinion, cest que Julien lui-même dit dans son Misopogon :Les Parisiens habitent une île ) et n'ont point d'autre eau que celle de la Seine . Il aura sans doutevoulu procurer à une ville quil aimait, et il espérait venir souvent et séjourner long-temps,des Thermes , établissement quun Romain devait desirer de trouver par-tout il portait sespas ; lhabitude avait fait des bains un besoin indispensable pour les Romains.