INTRODUCTION.
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D’ailleurs, par un abus auquel dans ce temps il était assez difficile de remédier,le volume de ces eaux était sensiblement diminué par les permissions tropmultipliées que donnait la ville, qui avait l’administration de ces eaux, d’endétourner quelques portions pour l’usage des propriétés particulières. Cesconcessions étaient accordées, soit à prix d’argent, soit à titre gratuit, et, dansce dernier cas, aux personnes distinguées par leurs places, ou qui avaientrendu quelques services à la ville.
Pour suppléer à cette pénurie d’eau, on crut devoir recourir à des moyensexpéditifs; et l’on conçut le projet d’établir une pompe que le courant de larivière devait mettre en mouvement, et qui éleverait les eaux de la Seine au-dessus du Pont-Neuf , d’où elles seraient conduites au Louvre et aux Tuileries .
Ce projet était d’un Flamand nommé Jean Lintlaer. Henri IV ordonna sonexécution, et la pompe de la Samaritaine fut établie. Elle tire son nom del’une des figures en plomb doré qui ornait le frontispice du monument ( Voy.Planche II).
Le succès des pompes de la Samaritaine donna l’idée d’établir deux autrespompes sur le Pont-Notre-Dame . L’une de ces machines (elles étaient toutesdeux mises en mouvement par le courant de la rivière) fut terminée en 1670;l’autre en 1671.
Mais ces machines se détériorèrent bientôt ; elles ne remplissaient plusqu’imparfaitement leur destination ; et vingt - cinq ans après leur établisse-ment il fallut les renouveler.
Elles furent de nouveau réparées et perfectionnées en 1787.
La pompe dont on peut voir la gravure (Planche II) n’est autre chosequ’une grande tour carrée, établie vers le milieu du Pont-Notre-Dame , commela Samaritaine l’est sur un des côtés du Pont-Neuf . Des pompes aspirantesélèvent l’eau dans un réservoir placé au sommet.
La démolition de la Samaritaine vient d etre ordonnée : sans doute on neconservera pas long-temps la pompe Notre-Dame . Son état de vétusté, l’em-barras que la navigation éprouve de ces constructions qui occupent une partiedu lit même du fleuve, tout semble en exiger l’anéantissement, dès que l’onaura pu pourvoir, par des moyens quelconques, à l’aliment de quelques fon-taines qui en reçoivent encore leurs eaux.
Les pompes dont le mobile est dans la vapeur de l’eau bouillante, ne sontqu’une imitation de la marmite de Papin, une heureuse application de seseffets. Leur invention remonte à cent trente ans environ. Mais ce n’est guèreque de nos jours qu’on a établi un grand nombre de ces machines, d’abord enAngleterre, et ensuite en France .