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Les fontaines de Paris : anciennes et nouvelles / par Amaury Duval
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VII
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INTRODUCTION. vij

Dès i y35 , deux étrangers proposèrent délever leau de la Seine par lemoyen de machines à vapeur, et de la distribuer dans toutes les maisonsde Paris . Leur procédé était trop peu connu pour que lon pût avoir confianceen leurs promesses.

Ce ne fut quen 1778, que MM. Pe'rier frères obtinrent lautorisation déle-ver, aux frais dune compagnie dactionnaires, des machines à vapeur sur lesrives de la Seine, dans les lieux qui seraient indiqués.

Il nest pas de mon sujet de retracer ici tous les obstacles quéprouvèrentMM. Périer, avant de pouvoir exécuter les deux machines à vapeur que nousvoyons aujourdhui, lune au Gros - Caillou, lautre à Chaillot, au bout duCours-la-Reine (Planche III); encore moins de rappeler comment les actionsde la Compagnie des Eaux furent livrées à lagiotage; comment, après avoirété dabord excessivement recherchées, elles neurent bientôt presque aucunevaleur. Les lecteurs curieux de ces détails les pourront trouver dans lexcellentouvrage de M. Girard, qui a pour titre : Recherches sur les eaux publiques deParis (1).

Il me suffira de dire que ces deux machines, après une suite de vicissitudesauxquelles la révolution a mis le comble, sont devehues une propriété de laville de Paris .

Les pompes à feu sont contenues dans deux pavillons dassez bon goût, quiornent les deux rives de la Seine. Leau y parvient par un petit canal de déri-vation qui passe sous la voie publique.

Au reste, elles répondent à lespoir quon avait conçu de leur utilité, etalimentent aujourdhui plusieurs fontaines et établissements. Lun des deuxfrères Périer a donc eu raison de se féliciter dans un écrit quil a publié, il ya deux ans, davoir procuré à la France ces machines perfectionnées, et dontil était allé étudier le mécanisme en Angleterre. « Je ne suis point linventeur« des machines à vapeur, dit-il ; mais je suis le créateur de cette branche din-« dustrie en France : elle nexistait pas avant moi. Au moment jai com-« mencé à men occuper, il ny avait que quelques-unes de ces machines près« Valenciennes; elles étaient sur lancien principe, et telles quelles sont décrites« dans Bélidor . Elles avaient été importées dAngleterre. Je suis encore presque« le seul qui en ait construit (2). »

M. Périer rappelle ensuite quil a fait des applications nouvelles de la ma-chine a vapeur; quil l a employée, par exemple, dans les mines de charbon

(1) T oyez les pages 73,81,82. On peut aussi consulter les Mémoires publiés sur la Compagniedes Eaux Perier, par Beaumarchais et Mirabeau.

(2) Sur les Machines à vapeur par M. Périer. - 1810.-page 11.