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Les fontaines de Paris : anciennes et nouvelles / par Amaury Duval
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VIII
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INTRODUCTION.

pour monter ce combustible ; dans la grande fonderie, à Liège , vingt-sixfonderies de canon sont mues par ces machines, etc. etc.

Je crois les machines à vapeur très-utiles dans tous ces établissements, ainsique dans les filatures; les scieries, les usines de divers genres, etc. Mais, pourfournir deau les villes, faut-il les employer de préférence aux autres moyensconnus ? Quil me soit permis den douter. Si elles ont lavantage de ne pointembarrasser le lit des fleuves, comme les autres machines mues par le courantde leau, elles partagent avec elles linconvénient dexiger de fréquentes répara-tions, et, de plus, de consommer journellement une assez grande quantitédun combustible qui peut devenir dans la suite plus rare, et conséquemmentplus précieux quil ne lest aujourdhui.

CANAL DE LOURCQ.

On sentait depuis long-temps la difficulté dentretenir les fontaines publi-ques à laide de machines qui se dérangeaient sans cesse, et se délabraientpromptement : les savants de bonne-foi convenaient de linsuffisance de cesmachines ; et lon en vit, à diverses époques, proposer de recourir à desmoyens plus simples, plus naturels. Cest ainsi que, dès 1762, M. de Parcieux,de lAcadémie des sciences, forma le projet damener par un aqueduc, à Paris ,les eaux dune des petites rivières qui coulent dans les environs de cette capi-tale. Il choisit de préférence lYvette, qui prend sa source près de Dampierre,et tombe dans la rivière dOrge à Savigny. « Il reconnut, dit M. Girard,« quelle pouvait être reçue dans un château-deau élevé de près de seize pieds« au-dessus de celui dArcueil (1). » Le volume deau qui en serait résulté,aurait été cinq fois plus considérable que le volume des eaux fournies par lesanciens aqueducs et les machines hydrauliques de la ville. Cet utile projetfut renouvelé, développé, en 1775, par MM. Perronet et Chézy, et appuyé deplans et de calculs qui ne laissaient rien à desirer.

Lembarras des finances ne permit point alors dagréer un projet aussi utile.Mais M. Defer de la Noverre ayant, en 1782, présenté de nouveau le projetavec des modifications, et sur-tout ayant offert des conditions qui dispen-saient la ville de faire aucune avance de fonds, il obtint, après cinq à sixannées de démarches pourtant, cest-à-dire en 1788, lautorisation dentre-prendre le canal de lYvette. Le tracé en fut exécuté. Mais de nouveauxobstacles devaient faire échouer lentreprise. La révolution arriva. Les travauxfurent suspendus, et nont plus été repris.

( 1 ) Recherches sur les eaux publiques de Paris , page 66 .