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INTRODUCTION.
des bouts du bassin, la vue s’arrête avec intérêt sur un magnifique pavillon,qui n’est que la barrière même de Paris , mais qui ne pouvait être mieux placépour former une perspective imposante ( Voy\ Planche IV ).
C’est de ce vaste réservoir des eaux de l’Ourcq que partent, d’un coté, uncanal qui traversera le faubourg Saint-Antoine jusqu’à la place de la Bastille ,passera sous cette place pour se jeter dans la nouvelle gare : des conduitesplacées dans une galerie dite de Saint-Antoine, suivront la même direction,alimenteront plusieurs fontaines dans le faubourg, et entre autres celle qu’ondoit exécuter sur la place de la Bastille ; une de ces conduites passera sur lepont d’Austerlitz, et ira entretenir une fontaine dans le Jardin des Plantes .Du côté opposé, c’est-à-dire vers l’ouest, le bassin de la Villette se prolongepour ainsi dire en un canal à ciel ouvert où les eaux seront au niveau decelles du grand bassin. Ce canal a reçu le nom d 'Aquédac de ceinture, parcequ’il enveloppe une partie de Paris au nord. C’est de ce canal que l’on dérive,au moyen de conduites placées dans des galeries souterraines et voûtées, leseaux destinées à entretenir toutes les fontaines qui existent ou que l’on voudraexécuter sur presque toute la partie de Paris qui occupe la rive droite de laSeine . Ces eaux mêmes pourront être conduites sur la rive gauche, en lesfaisant passer dans file de la cité et sur le pont de la Concorde.
J’ai dit que les tuyaux qui conduisent les eaux sont placés dans des galeriesvoûtées. Je dois ajouter qu’ils sont posés sur des massifs de maçonnerie fondéssolidement. De cette manière ils n’ont à supporter que leur propre poids etcelui de l’eau quelles contiennent. Et, de plus, on peut les visiter, quand onle juge nécessaire, dans toute leur étendue, et réparer, sans recherches inutiles,les accidents qui peuvent survenir (i). Je ne dois pas omettre non plus quel’on a employé les procédés'les plus ingénieux pour que les tuyaux des con-duites , qui sont de fonte, ne souffrent rien de l’altération que font éprouveraux métaux les variations dans la température de l’air.
C’est sans doute au directeur de l’entreprise, à M. Girard, que l’on doitl’idée d’avoir formé ce canal de ceinture, qui est comme le prolongement dugrand réservoir, et dont l’immense avantage est de rapprocher les eaux le plusprès possible des conduites qui doivent les porter à leur destination. C’estencore lui sans doute qui a trouvé et employé cette méthode si avantageusede placer les tuyaux à l’abri dans des galeries voûtées qui en assurent la con-servation. S’il est ainsi, cet habile ingénieur mérite la reconnaissance générale;il a fait faire un pas de plus à un art utile et bien négligé parmi les modernes;
(i) V~oy. Recherches sur les eaux, etc., et le plan général de distribution des eaux du canalde l'Ourcq, qui est joint à cet ouvrage ( Planche VI ).