INTRODUCTION.
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il a égalé au moins dans cet art, les anciens, puisqu’il parviendra aux mêmesrésultats, sans être obligé comme eux d’exécuter à grands frais d’immensesconstructions.
De toutes les observations précédentes, il résulte que les fontaines de Paris sont actuellement alimentées par trois aqueducs, deux machines hydrauliquesplacées sur les ponts, deux pompes à feu, et enfin par un canal qui, lorsqu’ilsera terminé, pourra fournir, à lui seul, près de soixante fois plus d’eau quetous les aqueducs et les machines ensemble.
On compte aujourd’hui quatre-vingts fontaines dans Paris , non compriscelles qui sont commencées, ou dont l’exécution est arrêtée.
Ce n’est guère que dans le dix-septième et le dix-huitième siècles que lenombre des fontaines s’est singulièrement accrû. Sous Philippe ^Auguste , àpeine y avait-il trois fontaines publiques dans Paris . Sous Louis XII , on encomptait seize : il n’y en avait pas davantage à l’époque de l’avénement deHenri IV au trône. Ce prince n’eut point le temps d’en faire construire denouvelles, quoiqu’il en eût le projet ; mais, sous ses successeurs, et sur-toutsous Louis XIV , on vit s’élever un assez grand nombre de ces monuments ; etla capitale en possédait soixante-trois au commencement de la révolution.
Presque aucune de ces fontaines n’est remarquable par son architecture, sil’on en excepte la fontaine dite des Innocents, et la fontaine de Grenelle.Mais ce n’est pas ici le lieu de les décrire. Quelques autres, par le style deleurs ornements, rappellent le goût du siècle dans lequel elles ont été érigées,et, sous ce rapport, ne sont pas sans intérêt.
Mais pas une seule des anciennes fontaines n’avait le caractère que sembleexiger ce genre de monuments : dans aucune, on ne voyait, comme dans lesfontaines de Rome , l’eau s’élancer en jet, ou tomber -en cascade. De mincesfilets d’eau qu’elles semblaient laisser échapper à regret, voilà tout ce quiavertissait le voyageur qu’il avait sous les yeux une fontaine.
Tel était l’état de ces monuments, lorsque le prince qui nous gouverne,toujours occupé des besoins comme de l’embellissement de la capitale dellirnpire, ordonna l’érection de quinze nouvelles fontaines (i).
Jamais occasion plus belle ne pouvait se présenter, pour les artistes fran çais , de déployer leurs talents. Malheureusement il ne paraît pas que les plansqui ont été exécutés aient été conçus par des architectes distingués. Presqueaucune des nouvelles fontaines n’est approuvée des hommes de goût. Au
(i) Décret clu 2 mai i8ofi.