FONTAINE DE GRENELLE.
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regarder avec complaisance le fleuve de la Seine et la rivière de la Marne , qui,couchés à ses pieds, paraissent eux-mêmes se féliciter du bonheur qu’ils ont deprocurer l’abondance, et de servir d’ornement à cette grande capitale qu’ilsbaignent de leurs eaux. Un frontispice, formé par quatre colonnes d’ordreionique supportant un fronton, sert de fond à ce groupe de figures, et metla ville de Paris comme à l’entrée d’un temple qui lui est dédié.
Ayant principalement pour objet de représenter dans sa composition l’abon-dance qui en tout temps règne dans Paris , l’artiste a imaginé de placer dans lesniches latérales les quatre génies des saisons, exécutés en pierre de Tonnerre.Chacune de ces figures, caractérisée par les attributs qui la distinguent, estexpliquée par de petits bas-reliefs allégoriques, qu’on voit au-dessous se rata-cher à l’idée principale. Telle était alors la manière dont on envisageait lasculpture, qu’on la croyait propre à offrir de vastes tableaux, à représenter desscènes entières.
Dans l’entre-colonnement du frontispice, sur une table de marbre noir, ilexistait en lettres de bronze l’inscription suivante, qui a été effacée pendantles troubles de la révolution : elle est d’autant plus curieuse quelle a été com-posée par le cardinal de Fleury, alors premier ministre. M. Boze, secrétaireperpétuel de l’Académie des Inscriptions , à qui ce prélat l’avait soumise, nevoulut pas y changer un seul mot.
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Féliciter conciliât aGloriose simul et pacificeRegnabat
Fontem hunc civium utilitatiUrbis que ornamentoCoNSECRARUNTPraefectus et aediles
ANNO DOMINI
m.d.ccxxxix.