FONTAINE DE LA RUE CENSIER.
Planche III.
De toutes les fontaines élevées depuis 1806, pour l’embellissement de Paris ,et la commodité de ses habitants, la plus remarquable, par la singularité et labizarrerie de sa décoration, est sans contredit la fontaine de la rue Censier.Qui a pu déterminer l’architecte à choisir de pareils ornements ?
Les anciens, il est vrai, mettaient souvent leurs fontaines sous la protectiond’un dieu ou d’une déesse; mais s’ils y représentaient l’image de la divinité,ce n’était que comme protectrice. D’ailleurs, ils ne rendaient ordinairementcette espèce de culte, qu’aux nymphes des eaux, à des naïades ; et nous n’avonsvu nulle part qu’ils aient jamais consacré de fontaine à Bacchus.
Comment se fait-il donc que l’architecte du monument représenté dansnotre planche n° III, ait imaginé de mettre un Faune pour présider à safontaine, et, pour la décorer, d’y placer tous les attributs de la vendange? Pluson cherche à pénétrer son intention, moins on la devine. Serait-ce une plai-santerie?... Nous n’oserions l’affirmer ; et, pourtant, on ne saurait supposerautre chose.
Si la décoration de la fontaine de la rue Censier 11e satisfait point le bon-sens, le goût y trouve tout autant à redire. Pourquoi, pourrait-on demander,avoir placé dans une niche ronde une figure qu’on voit jusqu’à la naissancedes cuisses ? pourquoi lui avoir renversé la tête et les épaules, de telle façon,qu’il est impossible que les pieds retrouvent le centre de gravité ? Que signi-fient encore ces ornements en feuillages et en raisins, qui montent de chaquecôté, commencent sans base, et ne sont terminés par rien ?
Quant à l’ensemble de cette fontaine, il n’a rien de remarquable. Il secompose d’un massif carré, surmonté d’un fronton triangulaire, et adossé àun mur. Au-devant du soubassement est une cuvette, aussi carrée, servant debassin, et rejetant 1 eau de chaque côté par une tête de lion.
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