FONTAINE DU PARVIS NOTRE-DAME.
Planche XIV.
Dès i63q il existait une fontaine sur le Parvis Notre-Dame , du côté opposéau bâtiment de l’Hôtel-Dieu . Elle était placée, dit-on, près d’une anciennestatue qui a été un grand sujet de discussion entre les divers historiens de Paris .En effet, les uns ont prétendu reconnaître dans cette figure celle d’Esculape,d’autres ont cru y voir celle d’Archambaud, maire du palais sous Clovis II ,tandis que l’abbé Lebœuf, après plusieurs examens, l’a jugée être une repré-sentation de Jésus-Christ, tenant dans sa main le livre des évangiles. Entretant d’avis différents, il serait embarrassant de choisir aujourd’hui sur-tout quecette statue est détruite, et qu’il n’en reste point de gravure exacte. Elle futabattue en 1748, ainsi que la fontaine, monument fort simple dans son en-semble comme dans ses détails. On a conservé seulement l’inscription qui étaitgravée sur celle-ci.
QUI SITIS HUC TENDAS ; DESUNT SI FORTE LIQUORES ,
PROGREDERE, ÆTERXAS DIVA PARABIT AQUAS.
C’est-à-dire,
« Approchez ici vous qui êtes altéré, et si par hasard mes eaux ne vous suf-« fisent point, avancez jusques dans le temple, la Vierge qu’on y invoque vouscc prépare des eaux éternelles. »
Ce fut pour donner plus d’étendue et une forme moins irrégulière au Parvis,qu’on supprima et la fontaine et la statue dont nous venons de parler. Enmême-temps on abattit la petite église de Saint-Jean-le-Rond, qui était atte-nante à la tour droite de la cathédrale et fermait le cloître Notre-Dame . O11 ysubstitua une façade percée de trois portes, qui avait été dessinée par Bof-frand, ( 1 ) et que depuis on démolit pendant la révolution.
(1) Boffrand , architecte, neveu de Quinault, naquit en 1667. Il apprit la sculpture chezGirardon, et l'architecture sous Jules Hardouin Mansard . Après avoir été employé à plusieursgrands travaux, il mourut en 1754. Il a laissé sur son art plusieurs ouvrages imprimés.
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