î
FONTAINE DE L’ÉCHAUDÉ.
5i
Toute proportion gardée, ce monument, au premier coup-d’œil, a moinsl’aspect d’une fontaine que d’un petit coffret en menuiserie, ainsi qu’on en
faisait dans le XV e siècle. Il est élevé sur un plan octogone, décoré de moulures
et divisé par plusieurs compartiments. Une espèce de couvercle, assez sem-blable aux minarets de Constantinople , le couronne et se termine lui-mêmepar un petit vase orné de congélations.
Cette fontaine, construite en 1671, est la plus ancienne de toutes celles de
ce quartier. Elle a pris le nom de Fontaine de l’Ecbaudé, parce quelle tient
d’un côté à une île de maisons formant un triangle, au coin de la vieille rue duTemple et de celle de Poitou.
Nous rappellerons ici en passant, à propos de cette dernière rue, qu’il en
est beaucoup dans le quartier du Marais qui portent le nom de différentesanciennes provinces de la France ; cela provient d’un projet qu’avait formé
France , et dont toutes les rues adjacentes auraient été désignées par le surnomd’une des provinces du royaume. Ce projet ne fut point exécuté, mais plusieursrues qu’on bâtit à cette époque, et même long-temps après, furent dénomméessuivant les intentions de ce prince. Telles sont les rues d’Anjou, d’Angoulême ,d’Orléans, de Vendôme , etc.
La fontaine de l’Echaudé, alimentée aujourd’hui, comme celle de Saint -Louis, par la pompe à feu de Chaillot et par la pompe de Notre-Dame , tiraitautrefois ses eaux de l’aquéduc de Belleville. C’est ce qu’a voulu dire figuré-ment Santeuil dans le distique qu’on lisait sur ce monument.
Hxc nymphæ agrestes effundite civibus urnas:
URBANUS PRÆTOR VOS FACIT ESSE BEAS.
« Ici, nymphes des champs, épanchez pour les citoyens vos urnes bienfai-« santés, puisque le préteur vous a fait nymphes de la ville. »
f
I