5o FONTAINE DÇ SAINT-LOUIS,
« toi, et tu coules au milieu de cent palais dont tes flots baignent les murs.« Deux tritons font résonner à l’envi leur conque du bruit de tes louanges, ils« proclament l’honneur que tu ressens d’être fontaine royale ( i ). Glorieusecc d’un si beau sort, garde-toi d’en perdre la mémoire, et que tes eaux necc s’épuisent jamais. »
Pour une des plus larges et des plus belles rues de Paris , la fontaine Saint-Louis est de bien mesquine apparence; encastrée dans les murs de deux hôtels,elle n’a presque point de saillie sur la rue. Ce ne serait pas au reste un défaut,si, dans sa décoration, on ne remarquait beaucoup de prétention de la partde l’architecte.
Sur un stylobate s’élève une niche pratiquée entre deux pilastres ; ceux-cisoutiennent un fronton triangulaire, derrière lequel s’élève un petit dôme enpierre que couronne une lanterne ; le milieu de la niche est rempli par un vaseposé sur un' petit piédestal, et de chaque côté duquel sont placés les tritons,très - mauvaises sculptures dont parle l’inscription. Du centre du stylobates’échappe par un robinet l’eau que fournissent à cette fontaine la pompe àfeu de Chaillot et la pompe Notre-Dame .
( i ) Si l’on adopte la variante que nous avons rapportée en note, il faut ajouter dans latraduction ce qui suit :
« Et vont le redire avec joie par-delà les vastes mers. A de pareilles faveurs les divinités« des plus nobles fontaines s’empressent de céder. »