FONTAINE DE LA POINTE S. t -EUSTACIIE.
Planche XXXI.
13 ans Paris comme dans toutes les grandes villes, les fontaines ne sont passeulement destinées à fournir des eaux pour les besoins des habitants, ellesservent aussi à l’irrigation des rues, à leur nétoiement continuel. On ne peutdonc les placer plus convenablement que près ou même au centre des marchéspublics. C’est là que la dépense d’eau est plus considérable, que le besoin d’ar-rosement se fait le plus sentir.
Sous ce double rapport, la fontaine de la Pointe Saint-Eustachc serait situéeparfaitement, si elle se trouvait sur un terrein plus élevé. Placée à la bifur-cation des rues Montmartre et Montorgueil, et à l’une des extrémités de laHalle, pour combien d’usages ne devrait-elle pas fournir de l’eau P Mais l’em-placement qu’elle occupe étant à un niveau plus bas que le reste du marché,elle ne peut en laver les parties supérieures, et par-là, ne remplit qu a moitiésa destination.
Telle a toujours été la malpropreté de ce quartier, qu’on sentit de bonneheure la nécessité d’y établir une fontaine publique. Il paraît que déjà il enexistait une de ce côté avant ï 3 g 2 ,. Plusieurs historiens de Paris en font mention,et Santeuil avait préparé l’inscription suivante pour y être gravée, dans le casoù elle serait restaurée et décorée de nouveau.
FORTE GRAVEM IMPRUDENS HIC NAÏAS FREGERAT URNAM :
FLEVXT, ET EX ISTIS FLETIRUS UNDA FLUIT.
« Une Naïade imprudente ayant ici brisé son urne, pleura, et, de ses pleurs,ce vient la source qui coule en ces lieux. »
Mais cette inscription resta dans les oeuvres du poète latin, et l’on préférad’inscrire le distique que nous allons rapporter, sur la fontaine qu’on recons-truisit en 1601, et à laquelle on amena de l’eau quatre ans plus tard, sous laprévôté de François Miron, ce magistrat intègre auquel les habitants de Paris doivent tant de monuments utiles : »
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