FONTAINE DE SAINT-SÉYERIN.
Planche XL.
La fontaine de Saint-Séverin, une des plus anciennes du quartier Saint-Benoît, fut élevée en 1624. Elle a pris son nom de l’église à laquelle elle estadossée, église dont la fondation remonte aux premiers temps de la monar-chie , et dont on ne connaît pas encore le véritable patron. Malgré les graveset longues dissertations de nos historiens sur l’origine de l’église Saint-Séverin,les habitués de cette paroisse en sont encore à savoir quel est le patron qu’ilsinvoquent, ou de Saint-Séverin le Solitaire, ou de Saint-Séverin abbé d’Agaune.
La fontaine qui en porte le nom, est placée à l’angle de la rue Saint-Jacqueset de la rue Saint-Séverin. C’est un petit corps de bâtiment en assez mauvaisétat, présentant trois faces qui sont divisées dans leur hauteur en quatre par-ties : savoir, un soubassement, une embase, un premier étage, et un attique.Ces diverses parties sont surchargées de moulures. Le tout est recouvert d’unecalotte ronde que surmonte une campanille.
L’eau d’Arcueil entretenait d’abord cette fontaine, mais on y a conduitdepuis de l’eau de la pompe Notre-Dame . Avant cette époque, Santeuil avaitcomposé l’inscription suivante, faisant allusion à la situation de la fontaine,qui est placée au pied d’une montagne :
dùm scandunt juga montis anhelo pectore nymphae,
HÎC UNA E SOCIIS VALUS AMORE SEDET.
cc Tandis que les nymphes haletantes montent vers le sommet de la mon-« tagne, l’une d’elles, éprise de la beauté du vallon, y fixe sa demeure. »
Au lieu même où cette nymphe épanche paisiblement ses eaux, éclata laJournée de Saint-Séverin, prélude des malheurs dont la célèbre faction desSeize accabla le royaume. Le 2 septembre x 687, un prédicateur eut la témérité
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