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Les fontaines de Paris : anciennes et nouvelles / par Amaury Duval
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9 o FONTAINE DE SAINT-SÉVERIN.

de déclamer, dans léglise Saint-Séverin, contre le roi ( Henri III ), quil appe-lait tyran et fauteur dhérésie. Le parti des Seize, qui cherchait loccasiondexciter un soulèvement, fit courir le bruit quil y avait un ordre denleverle prédicateur, et de le jeter dans la rivière (genre de supplice usité depuislong-temps, et quon appelait la Justice du Roi). Aussi-tôt les chefs des ligueurssattroupent dans la maison dun notaire, située au carrefour Saint-Séverin.Le roi, quoiquinformé dheure en heure des progrès de ce mouvement, neprend aucune mesure pour les arrêter. Bientôt les chaires retentissent dana-thêmes contre le monarque ; le peuple sassemble en armes dans toutes lesrues ; et le roi se trouve enfin obligé dabandonner sa capitale.

A loccasion de léglise Saint-Séverin, Saint-Foix rapporte une anecdote assezcurieuse, quil a tirée de la chronique de Louis XI . « En 1 4-74> dit-il, les« médecins et chirurgiens de Paris représentèrent au roi que plusieurs per-ce sonnes de considération étant travaillées de la pierre, colique, passion et« mal de côté, il serait très-utile dexaminer sengendraient ces maladies;« et ils demandèrent qu'on leur livrât un franc archer, condamné à être« pendu, qui avait été molesté desdits maux. » Lopération, quon croit être lapremière de ce genre, se fit dans le cimetière de léglise Saint-Séverin. « Après« quon eut travaillé, dit la chronique, on remit les entrailles dans le corps« du franc archer, qui fut guéri dans i5 jours, et eut rémission de ses crimes;ce il lui fut même donné de largent. »

Sil eût été pendu, observe Saint-Foix , qui manque rarement loccasion doffrirà ses lecteurs quelque réflexion philosophique, son cadavre serait devenucomme un dépôt précieux de la mort, auquel on naurait osé toucher: lon,aurait ignoré long-temps encore lopération de la taille ( i ).

Nous ne terminerons point 1 article de la fontaine Saint-Séverin, sans nousplaindre de ce quune partie de ce monument soit cachée par une vieille etsale baraque. Puissent du moins nos nouvelles fontaines, et tous les autresmonuments de ce siècle, échapper à cet esprit de vandalisme qui laisse silong-temps obstrués la plupart de nos édifices publics.

(i) La dissection dun cadavre passait encore pour un sacrilège au commencement du règnede François I er ,

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