la Sœur de la Miséricorde, un cœur qui avait brûlé long-temps d’une flammemoins pure. Elle y fut inhumée. Le cœur du grand Turenne y fut aussidéposé.
A diverses époques, on a trouvé, en creusant le jardin des Carmélites , lesrestes de plusieurs monuments antiques, c’étaient des tombeaux. Quelqueshistoriens disent qu’un de ces tombeaux renfermait un vase de terre, danslequel il y avait une liqueur si odoriférante, que l’air en fut long-tempsembaumé.
La fontaine des Carmélites présente trois faces dont chacune est ornée demoulures d’un travail sec et froid. Elle n’offre aucun ornement de sculpture.Sur la face du milieu est un cartouche au-dessous duquel jaillit un fdet d’eauprovenant de l’aquéduc d’Arcueil . Le bâtiment est surmonté d’un dôme oucalotte, avec les assises en saillie.
FONTAINE DE MARLE.
Elle est située dans la rue Salle au Comte. Cette rue était autrefois uncul-de-sac où était l’hôtel des comtes de Dampinartin : d’où elle a pris le nomde Salle au Comte, suivant plusieurs historiens, qui croient que le mot Salle signifiait autrefois hôtel, et prétendent qu’on donne encore ce nom, dansquelques provinces, aux hôtels des grands seigneurs. Félibien dit que le motde Salle vient du latin Aula, auquel on a depuis ajouté une s.
L’hôtel dont il s’agit ici passa au chancelier de Marie, qui fut massacréavec tant d’autres par les soldats du duc de Bourgogne , lorsque ce hardi fac-tieux rentra dans Paris en i4i 8. Le chancelier avait fait construire la fontainequi porte son nom.
Au coin de la rue Salle au Comte et de la rue aux Ours, qu’on nommaitalors rue aux Ouës ou Oies (parce qu’il s’y trouvait beaucoup de rôtisseurs),existait une statue de la Vierge, qui fut le sujet d’un sacrilège célèbre, etd’un éclatant miracle. Toutes les chroniques répètent qu’un soldat suisse destroupes bourguignonnes frappa cette statue de son épée, et qu’il sortit aussi-tôt du sang de la blessure. Le suisse fut brûlé vif au même endroit, et la