FONTAINE DU POT-DE-FER.
Planche XL II.
La fontaine du Pot-de-fer a été construite en vertu de l'édit de 1671 , éditque nous avons eu l’occasion de citer plusieurs fois. Elle a pris son nom dunom de la rue au coin de laquelle elle est située, et cette rue, ainsi qu’untrès-grand nombre de celles de Paris , tenait le sien d’une enseigne.
Placée à l’encoignure de deux rues, cette fontaine est élevée sur un planangulaire, dont l’angle est un peu arrondi. Elle présente deux espèces de façadesornées chacune d’une arcade sans profondeur ; les pieds-droits, et les cintresqui les encadrent, sont décorés de bossages vermiculés, et surmontés d’unpetit attique. Sous la corniche, à la partie angulaire de ce monument, l’on aformé, en saillie, une table destinée à contenir une inscription dont il nereste plus de vestiges. Il ne paraît point que cette fontaine ait jamais étéisolée ; mais elle se trouve aujourd’hui adossée aux deux plus vilaines masuresde tout le faubourg Saint-Marceau.
Le défaut d’espace, en donnant la description de la fontaine de la rue Cen-sier, nous a empêchés de rappeler une anecdote fort curieuse arrivée dans cequartier, et qui ne sera point déplacée dans cet article.
En i 3 q 3 , une dame allemande de la maison de la reine, s’étant mariée avecun seigneur de son pays, il y eut à cette occasion une fête donnée à toute lacour par la reine, et qui fut célébrée à l’hôtel de la reine Blanche, au faubourgSaint-Marceau. Pour égayer le bal qui eut lieu à la suite de plusieurs divertis-sements, un courtisan, nommé Guisai, jeune libertin qui était des plaisirs duroi, proposa à plusieurs jeunes gens de son âge de se déguiser avec lui ensatyres. Charles VI , dont la santé commençait à se rétablir, voulut être de lapartie. Ce déguisement, comme ils l’avaient espéré, produisit beaucoup desurprise. Mais le duc d’Orléans, ayant voulu reconnaître l’un d’eux, approchaun flambeau trop près du satyre, et comme les habits de celui-ci étaient