9 6 FONTAINE DU POT-DE-FER.
enduits de poix résiné, le feu y prit aussi-tôt, et se communiqua bientôt partoute la salle. Chacun, songeant à sa propre conservation, se mit à fuir sansvouloir secourir les malheureux satyres. Le jeune Hautouilles, l’un des mas-ques, courut dans la cuisine, et s’y plongea dans une cuve d’eau; mais le comtede Joigny , le bâtard de Foix Aimeri de Poitiers , moururent dans des souf-frances épouvantables. Cependant la duchesse de Berry, voyant le roi dansun si grand danger, courut à lui, l’enveloppa dans sa robe, et parvint ainsià étouffer le feu. Cette action courageuse sauva la vie à l'infortuné Charles VI .Mais l’extrême émotion qu’il en éprouva lui donna une rechute très-forte,et il retomba dans cette mélancolie noire qui avait suivi sa démence.
La rue Mouffetard pourrait encore nous fournir d’autres souvenirs histori-ques assez piquants, entre autres les scènes ridicules qui se passèrent dansl’église de Saint-Médard. Mais ce n’est point une histoire de Paris que nousécrivons, et si nous rappelons quelquefois des événements arrivés dans cetteville, c’est pour apporter quelque variété dans un ouvrage où la monotonieétait presque inévitable. Les fontaines de Paris ne sont point assez impor-tantes sous le rapport des arts pour mériter que l’on fasse sur chacune delongues dissertations.
Celle du Pot-de-fer, qui, malgré sa double façade, n’est pourvue que d’unrobinet, s’alimente des eaux d’Arcueil .