FONTAINE DES PETITS-PÈRES.
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QUÆ DAT AQUAS, SAXO LATET HOSPITA NYMPHA SUB IMO ;
SIC UT, CUM DEDERIS, DONA LATERE VELIS.
Elle a été ainsi rendue en vers français par M. Bosquillon.
La nymphe qui donne cette eau,
Au plus creux du rocher se cache :
Suivez un exemple si beau ;
Donnez, sans vouloir qu’on le sache.
Cette inscription simple, et qui respire une douce morale, a disparu commetant d’autres. Mais si l’on regrette de ne plus la voir, on est sur-tout fâchéde lire souvent à sa place des annonces faites par des particuliers, en mauvaisstyle, et souvent sans orthographe. Tel marchand voisin inscrit au milieu dela place autrefois occupée pour l’inscription, son nom obscur et le genre deson commerce. Les édiles de Rome n’auraient point permis cette dégradationd’un monument public, on oserait presque dire cette barbarie.
Exprimons ici un voeu qui ne sera point désavoué par tous les amis desarts et du goût. Pourquoi ne rétablirait-on pas sur les édifices publics, etparticulièrement sur les fontaines, les inscriptions que l’on y avait placées; aumoins celles qui consacrent une action généreuse, ou renferment une bellepensée ? Une inscription est une partie essentielle de toute construction monu-mentale. Du moins ne souffrons pas que le génie de l’ignorance et de lacupidité fixe sur nos monuments sa honteuse empreinte.
Près de cette fontaine se trouve la place des Victoires , une des plus bellesde Paris . Elle fut bâtie par les soins et en grande partie aux frais du maréchalFrançois d’Aubusson de la Feuillade, qui y fit élever un monument remar-quable à la gloire de Louis XIV . C’est le premier monument de ce genre dontla reconnaissance d’un citoyen pour son roi ait orné l’enceinte d’une ville.Croyant assurer à ce monument une éternelle durée, le duc de la Feuilladefit un contrat de substitution d’une partie de ses biens, pour l'entretien per-pétuel des ouvrages d’arts qu’il avait fait exécuter sur la place des Victoires .Mais il n’a pas même été besoin, pour porter atteinte aux dispositions du dona-teur , d’une révolution qui a détruit des institutions plus consolidées ; quelques
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