FONTAINE DE LA RUE DE YAUGIRARD.
Planche XLIX.
L’architecture de cette fontaine, une de celles qui ont été construites parordre de S. M. l’Empereur, présente à-peu-près la forme d’un tombeau. Lebâtiment se compose d’un soubassement sur lequel s’élève un pan de mur,couronné d’un fronton. Un aigle immense décore ou plutôt couvre ce frontonpresque dans toute son étendue. Aux angles sont deux pilastres qui sontornés de sculptures, ainsi que le panneau qui les sépare. On voit représentésur le pilastre de la droite, un gouvernail autour duquel deux dauphins sontentrelacés. Deux dauphins embrassent de la même manière un trident qui estsculpté sur l’autre pilastre. Le sujet représenté sur le panneau terminé parles pilastres, est une Léda, placée près d’une urne, au milieu de roseaux. Elletient entre ses genoux le cygne consacré par la mythologie. Dans un coin dutableau, on voit l’Amour qui tire une flèche de son carquois. L’eau coule parle bec du cygne, dans une vasque placée à la base de la fontaine; cette eauvient d’Arcueil .
L'architecture de cette fontaine est en général un peu lourde. Le monumentparaît comme écrasé sous ce fronton massif et ses nombreuses moulures. Cedéfaut est d’autant plus remarquable, que le bâtiment n’a qu’une façade sansarrière-corps, que ce n’est qu’une décoration. La sculpture n’est pas non plussans reproches, au moins sous le rapport de la composition. D’abord on pour-rait blâmer le choix du sujet, qui, par les idées qu’il rappelle à l’imagination,ne paraît guère convenir à un monument placé sous les yeux du public. L’idéede faire jaillir l’eau d’un bec de cygne n’est peut être pas aussi très - heureuse.Du moins elle n’a produit ici qu’un effet assez désagréable, parce que, pourdonner passage aux eaux, il a fallu que le bec du cygne fût en bronze, quoi-que tout le reste du travail soit en pierre.
La partie des draperies qui couvre la moitié du corps de Léda, ne manque nide vérité, ni même de légèreté ; mais que fait là cet amas de draperies autour de
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