FONTAINE SAINT-MARTIN.
Planche L.
T i e bâtiment de cette fontaine se compose d’un soubassement sur lequel po-sent deux pilastres surmontés d’une espèce de piédestal qui porte un cartoucheavec des ailes ; et le cartouche est couronné d’une conque marine. Les pilas-tres, placés aux deux angles du monument, sont chargés de bossages alterna-tivement ornés de stalactites et vermiculés. La façade est remplie par une tabledestinée à recevoir une inscription, et au-dessus est un cadre qui représenteun vaisseau. L’eau jaillit de la base de l’édifice par un mascaron en bronze.
Cette fontaine est située dans la rue Saint-Martin, au coin de la rue du Vert-bois. Elle est adossée à une tour qui faisait autrefois partie du mur d’enceinte ducouvent connu sous le nom de Saint-Martin-des-Champs. Les religieux Béné dictins de ce prieuré donnèrent au Gouvernement, en 1712, un emplacementpour la construction de cette fontaine, à condition que le regard serait établidans une des anciennes tours de leur couvent, et qu’il y serait fait une porteextérieure, afin que les officiers de la ville n’entrassent pas dans l’enclos. Parune autre condition, les religieux obtinrent, pour le service de leur maison,douze lignes de l’eau que fournissent à cette fontaine les sources de Bellevilleet la pompe Notre-Dame .
Le monastère de Saint-Martin-des-Champs est un des plus anciens et desplus célèbres de la France . Le saint, dont il porte le nom, était regardé parnos rois comme le saint tutélaire du royaume, et le protecteur de leur cou-ronne ; l’on portait sa chape à la tête des armées ; et cette relique était consi-dérée comme une égide contre les traits des ennemis.
Il paraît qu’il existait dès le 6 e siècle une chapelle sous l’invocation de saintMartin, dans la partie septentrionale de Paris . Mais on n’est pas sûr qu’ellefût placée dans le lieu même où Henri I er fit construire, vers 1060, l’église etles bâtiments qui subsistent encore en partie. Cependant les historiens les