lOO TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES,camper entre Daun et la place de Dresde, met-. tant ainsi à la merci du premier ses communica-tions avec ses états. Mais, si Warnery s’est trompe,il me paraît aussi que Frédéric négligea de plusbelles occasions d’attaquer Daun, et que sonapologiste est tombé dans l’erreur opposée, enavançant qu’une bataille était indispensable, etsoutenant que les Prussiens se trouvaient horsd’état de tenter une entreprise sur Dresde, parcequ’ils ne traînaient que pour quinze jours de vi-vras avec eux.
Quel que soit le fondement de ces différentesassertions, il paraît que Frédéric a légitimésa résolution en nous disant, dans ses œuvres,qu’il avait appris de très-bonne source } que lesRusses cantonnés entre la Wartha et l’Oder, seproposaient de passer l’hiver au cœur de ses états ,si les Autrichiens se maintenaient à Torgau : alorsil ne lui serait resté aucun moyen de recruterson armée. Dans tous les cas, puisque les Prus-siens avaient perdu de si belles occasions, et queles Autrichiens occupaient une position si forte ,la prudence conseillait d’attendre jusqu’au milieude novembre ; car il eût été possible que Daun seretirât en Bohême, ou les Busses eu Pologne,suivant leur usage.
Pour remplir en partie cet objet, le roi laissala brigade Roebel vers Eulenbourg, et s’ébranla,le 3 novembre, en quatre colonnes,.sur Schilda ;