110 TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES,quittèrent les hauteurs deSiptitz pour poursuivreles Prussiens.
Sur ces entrefaites, la brigade Ramin, soutenued’une partie de la première ligne, s’était dé-ployée ; elle attaqua les Autrichiens victorieuxavec une grande vivacité, les culbuta, et s’avançaauprès de la hauteur de Siptitz. S'il y avait eu làune forte division de cavalerie, la victoire eûtété décidée; mais le roi n’avait que 800 hus-sards. Daun eut le temps d’accourir au secoursde ses bataillons rompus. 11 se mit à. la tête dedeux régimens d’infanterie de la réserve avec 10escadrons de cuirassiers, et attaqua les Prus-siens, qui chargés et débordés à gauche, aumême instant, par 2 autres régimens de cavale-rie furent entamés , et sabrés en grande partieet rejetés dans le bois : c’est à cette attaque quele maréchal Daun reçut un coup de feu.
Toute la première ligne du roi était donc battueet dispersée; mais les Autrichiens n étaient guèresen meilleur état, surtout leur cavalerie. Cepen-dant la seconde ne se laissant point ébranler pardes revers aussi sanglans, s’était formée dans cetintervalle et vint leur disputer la victoire. Le ré-giment du prince Henri fit des prodiges ; mais,entouré par une cavalerie nombreuse , il futpresque entièrement détruit : chargeant ensuiteles autres bataillons de la division, elle les chassadans le bois.