l3o TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.Irop peu de troupes contre Laudon, au lieu deprofiter de l’absience de Daun pour décider lespremières attaques, eu y employant une partiedes forces inutiles de sa droite, qui faisaient face àPfafiendorf : mais il est excusable , parce qu’il futpresque surpris; néanmoins cette faute pouvaitêtre irréparable, car Laudon aurait pu se mainte-nir jusqu’à l'arrivée deDaun, et alors la position duroi eût été désespérée. C’était du premier momentque tout dépendait; Frédéric avait trop de coup-d’oeil pour ne pas le sentir, et on ne conçoit pascomment il ne se décida pas sur-le-champ à jetersa plus forte masse sur le corps qui le menaçait.Au reste, ce monarque, assoupi à son feu de bi-vouac, réveillé par le major Hund, qui lui ap-prend que l’ennemi est à 4oo pas de lui, com-mande une juste admiration, par son sang-froid,et l’à-propos des ordres qu’il donna. Ce trait estun des plus beaux de sa vie.
La bataille de Lignitz ofire un grand rapproche-ment avec les opérations de Bonaparte , lorsqu ilassiégeait Mantoue , et que Wurmser, débou-chant en même temps sur Véronne et sur Brescia,voulait envelopper l’armée française : la seuledifférence qui existe, c’est que Bonaparte com-bina son mouvement rapide sur les deux partiesisolées, et que Frédéric surpris n’eut point l’ini-tiative de la combinaison ( 1 ).
(i) L’affaire de Lignitz offre encore plus de xessemldauce avec les