l34 TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MIMTAIBES.
Enfin me voici arrivé aux observations sur labataille (le Torgau.
Je ne reviendrai plus sur la question déjà dis-cutée de savoir si Frédéric eut tort de livrer cettebataille. 11 est de fait que, par la position redou-table où se trouvait l’ennemi, il avait peu à espé-rer et tout à craindre; il devait donc différer l’at-taque jusqu’au milieu de novembre ; alors, siDaun avait persisté dans sa résolutiou, il fallaitbien l'empêcher de passer l'hiver en Saxe.J'examinerai donc seulement les dispositions ducombat.
D’après les définitions que nous avons donnéesau commencement de ce chapitre , les meilleuresdispositions d’une bataille sont celles qui ont misen action, au même instant et au point décisif,toutes les masses présentes, à l’exception nean-moins de celles qui doivent servir de réserve. Selonce principe, toutes les doubles attaques qui s’exé-cutent par des mouvemeus étendus, et sur unemultitude de points, me paraissent dangereuses ;et si elles réussissent c’est que l’ennemi leur op-pose de mauvaises manœuvres, ou que toutesles circonstances se réunissent pour opérer unmiracle; comme ce cas est rare, on fera fort biende les éviter, car leurs suites sont presque tou-jours funestes.
En lisant la relation de la bataille de Torgau,