CHAPITRE XXX. ^33
Mille motifs devaient décider les Autrichiens àfrapper les grands coups en Saxe, parce qu’unseul y aurait écrasé leur ennemi; en Silésie, rfn’eût été blessé que légèrement. Ils avaient deplus en opérant dans cette première province ,l’avantage d’une frontière saillante formée par lesmontagnes de la Bohême, au centre de leui's opé-rations, vers Bautzen et Ziltau, entre Dresde etle comté de Glatz. Daun avait, au mois d’avril,90 à 100 mille hommes y compris l’armée desCercles; Laudon alors en comptait 45 mille : si1 on eût laissé 20 mille hommes vers Glatz jusqu’àl’arrivée des Russes, qu’on eût remis à Butturlinla conduite des sièges, et qu’enlin Laudon etDaun se fussent rapidement formés, le premierde Dresde à Bautzen, avec des troupes légères àPirna, le second de Bautzen à Hoyerswerda; etque deux masses de 60 mille hommes , dirigéespar un seul chef, eussent attaqué Frédéric simul-tanément en le jetant toujours à gauche, il eûtété coupé de toutes ses ressources : une batailleperdue aurait causé sa ruine. Si, contre touteVraisemblance, Daun perdait une ou deux ba-tailles, qu’en serait-il résulté?... N’avait-il pasderrière lui Dresde, les défilés de la Bohême,et, à la dernière extrémité, Prague ? Une seulemarche de l’armée russe sur Breslau, n’eût-ellepas amplement compensé ces deux batailles