3c>4 TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES.
la retraite des deux autres colonnes termina lajournée.
On eût dit que Hulsen avait deviné l'incerti-tude de l’ennemi ; car lui-même ne prit aucunemesure pour s’opposer à l’attaque de sa gauche :il ne lui avait pas même envoyé assez d’artillerie,qui, dans la position quelle tenait, devait êtrel’arme décisive; il resta tranquille sur tout lereste de sa ligne.
Dans le fait, l’entreprise de Serbelloni, dontTempelhof fait tant d’éloges, était mal combinée:lorsqu’une armée occupe une position perpendicu-laire à un fleuve, et quelle y appuie une de sesailes , ilflautbien se garder d’attaquer cette aile,parce qu’on s’exposerait à être jeté dans la rivière,si l’ennemi exécutait un changement de front enmasse , du côté opposé. En attaquant l’aile oppo-sée avec la presque totalité de ses troupes , onmet au contraire les chances en sa faveur, parceque, cette aile vivement abordée par des f orcessupérieures, sera indubitablement enlevée, ou re-foulée sur le reste de l’armée ennemie, mise endésordre, acculée au fleuve, et placée dans uneposition à être anéantie (1). Or, Serbelloni avait
( 1 ) On peut citer pour exemple la bataille de Wagram , où lesAutrichiens poussèrent imprudemment leur droite le long du Da-nube, tandis que Napoléon avait porté sa masse sur leur gauchepour s’y établir. Si le corps du général Hiller ne s’était pas protnp-