326 TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES,de Czernischef l’abandonnerait si promptement.
On ne peut, au contraire, concevoir commentDaim, après le départ des Russes, put resterSpectateur du siège deSchweidnitz , avec 90 millehommes. On eût dit qu’il était là pour couvrir lesiège plutôt que pour l’empêcher. Excepté l’a-bandon de Cassel, par les maréchaux d’Estrée'set Soubise, dont nous avons parlé au chapitreXXXI, l’histoire moderne n’offre pas d’exempled’une pusillanimité pareille.
Le reste de la campagne porte l’empreinte del’esprit qui en dirigea les premiers mouvemens.Le roi aurait bien eu tort de chicaner des enne-mis qui ne paraissaient pas disposés à lui enleverun pouce de terrain.
En réfléchissant sur les opérations qui ont eulieu en Saxe, on ne peut trop s’étonner de l’ab-sence totale des principes , qui les caractérise,et du singulier rôle que l’armée de l’Empire yjoua.
Indépendamment de la faute que les Coaliséscommirent en formant sans nécessité une doubleligne d’opérations en Silésie et en Saxe, ils laSubdivisèrent en isolant à plus de trente lieuesles deux armées qui devaient opérer sur le pointaccessoire, et permettant à l’ennemi de couperleur communication avec un faible détachement.
Comment qualifier les deux retraites de l’arméedes Cercles? la postérité croira-t-elle qu’un géné-