338 TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES,ment grand; après les scènes sanglantes de Prague?île Kollin, de Zorndorf, qui lui enlevèrent suc-cessivement la Heur de ses troupes , il fallut lesdésastres de Hobenkirch , de Kunersdorf et deTorgau , pour ébranler sa fermeté. Plus tard »lorsqu’avee une armée composée d’enl’ans dequinze à vingt ans, derniers rejetons d une po-pulation épuisée, il fut obligé de tenir tête à desarmées toujours plus aguerries, recrutées au con-traire par une population robuste et inépuisable?et que sa chute parut inévitable, il sembla n’as-pirer qu’à la rendre aussi belle que sa vie. Lamort d’Elisabeth le sauva; et l’Autriche, guidéepar le mauvais génie qui la poursuit depuis unsiècle , signa la paix quand elle devait pousserla guerre avec plus de vigueur que jamais. Lapolitique, comme l’art militaire, firent, à cetteépoque, un pas rétrograde qui nous rapprochade l’état d’ignorance du moyen âge. Finalement?Frédéric se soutint contre l'Europe, étonna I emonde, et parut faire des miracles, lorsqu’il nefut sauvé que par la singulière conduite de sesadversaires. Dès la bataille de Rosbach , quifut une simple échauffourée, les armées fran-çaises n’opérèrent plus contre lui; les Suédoisfirent semblant d’entrer en campagne pour ga-gner des subsides, et les Russes , malgré leurssanglaus succès , se contentèrent de séquestrerune province. 11 eût suffi pour l’anéantir d’un peu
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